Depuis 3 semaines nous sommes de retour dans la réalité, après une absence de presque 2 mois. Des vacances que nous avons pu
prendre grace à Bernard et Cécile qui ont gardé la ferme avec tous ses petits habitants.
Au mois de décembre nous avons fini les travaux importants avant l'hiver, le cochon est en pot, le poulailler réduit au
minimum et le bouc transformé en délicieuses saucisses.
Il nous restait quelques jours avant le départ, pour mettre le camion en état de voyager.
Le 17 décembre nous étions prêt, le départ se fait sous une tempête de neige à st Romain de Lerps, pour faire un petit coucou
à Christine. Cap sur Valgayette, grosse étape de 80 km!!! La première soirée on passe chez Christian mais on dort dans le camion. Le lendemain on se reveille, il y a de la glace sur le tonneau
d'eau, mais on a eu chaud sous notre couette. Après le petit dej nous prenons la route vers le sud. Il faut prendre le camion en main et ça se passe plustôt bien, par les petites routes on arrive
à la frontière Espagnol.
Nous traversons l'Espagne sans encombre jusqu'à Grenade ou on visite L'Alhambra,
première arrêt touristique. Il fait beau mais frisquet, le détour valait le coup.
Après 5 jours en Espagne on prend le bateau (et quel bateau, la peinture tenait la ferraille rouillée) vers le Maroc,
c'est la coupure avec l'Europe, mais c'est moins impressionnant qu'il y a 10 ans. Nous arrivons à Tanger-Med, un port immense, très moderne et l'autoroute toute suite à la sortie, ça fait
drôle.
Il n'y a pas vraiment de dépaysement, au fil de notre voyage on va voir le développement du Maroc, mais heureusement il
reste des coins ou il fait encore bon de séjourner, nous allons prendre un autre itinéraire pour visiter des endroits différents.
Par la côte nous arrivons à Casa une grande ville avec sa fameuse mosqée Hassan 2, on décide de la visiter. On se gare sans
problème au pied de cet édifice impressionant.
Le prix de l'entrée est aussi impressionant, c'est parti pour une visite en groupe français (5 personnes) le guide, un
étudiant, nous énumère une liste de chiffres, tout est: le plus grand, le plus cher, le plus haut etc. etc. bref une déception, nous avons retenu qu'une chose que chaque marocain a du déboursé
une certaine somme pour financer ce bâtiment qui n'est pas à porter de tout le monde. Heureusement il y a la nouvelle médina, c'est très sympa et très marocain encore.
Nous continuons notre descente par la côte et les rencontres se font à chaque halte.
Le 31 décembre nous décidons de quitter la côte pour la vallée du paradis, une route magnifique qui nous amène à Immouzère à
1000 m d'altitude, il n'y a personne, le bled est désertique, sauf un couple franco-marocain qui nous invite à boire un thé.
Le calme qu'on cherchait pour évité le nouvel an, on l'a trouvé devant ce mausolée sur une petite place, et nous avons très
bien dormi.
Par petites étapes nous arrivons à plage blanche, un endroit qu'on pouvait atteindre en 4X4 il y a 10 ans, mais maintenant il
y a une route goudronnée toute droite de 64 km en partant de Guelmin, dernière ville avant le grand sud.
A mi-chemin on fait une halte pour un pique-nique au milieu de rien, et tout la route est comme ça pour arriver à plage
blanche où il n'y a pas beaucoup plus, heureusement.
Quelque camping-cars dissiminés par ci et par là (c'est tellement grand) et des copains de la Drôme qui nous avaient envoyé
un message qu'ils y étaient aussi.
Il y a 2 petits villages de pêcheurs et d'éleveurs de chêvres qui nous fournissent le pain et le poisson frais. C'est
merveilleux, on fait des balades et on rencontre notre ami Fabrice (au mois de mai il viendra nous voir à la Cartara) qui balade depuis 2 ans en camping-car à travers de l'Europe et maintenant le
Maroc. Nous nous rencontrons depuis Safi de temps en temps. Fabrice et Thierry font une balade en canoé sur la rivière qui passe juste à côté de notre campement, ils ont vu des flamants roses et
des tadornes. Le dernier jour on commande du poisson au pêcheurs, malheureusement ils arrivent tard le soir et on trouve un énorme poisson au petit dej.
Nous décidons de le faire cuire pour midi avant de partir, mais une tempête de sable menace, on se dépêche et on a juste le
temps de finir de manger. A la hâte on plie bagage.
On retourne sur Guelmin où on a rendez-vous avec nos amis et on va de l'autre côté, dans une oasis où il y a une source d'eau
chaude. Nous allons passé quelques jours dans le désert, c'est bientôt la nouvelle lune, pour regarder les étoiles.
Le 12 janvier nous arrivons à Tafraoute pour une bonne semaine, il y a tellement de choses à voir et nous profitons pour
faire un relooking du camion.
Au bout de 3 jours il a changé de couleur, Mohammed est tout fier de son travail, et nous aussi. Pour rester dans la peinture
nous allons passer la nuit à côté des rochers peints, un endroit très calme pour l'instant, mais ils travaillent à une" belle" route, donc on en profite.

On se repose, on fait du vélo, et on fait une balade jusqu'au village qui va être relier à la grande route pour le
desenclaver. Et là on fait des rencontres très sympa........


2 petites filles qui nous montrent la route pour voir la carrière et au retour nous tombons nez à nez avec 3
gazelles, tout le monde en parle mais on en avait pas encore vu, super et pas farouches non plus.
Après cette semaine agréable à Tafraoute (à 1100 m d'altitude) nous allons faire un tour à Merzouga
avant-dernier village pour le desert et seul village ayant sa dune de 33 km de long. Il y a des grands changements autour, une belle route qui nous y amène et des campins,d'hotels et autres
chambres d'hôtes, qui doivent être pleins en saison, mais il y a personne pendant notre séjour, par contre le village est le même, les routes en terre battu, toujours quelques
boutiques d'allimentation, et de souvenirs.


Le couché du soleil sur la grande dune était magique, et la fin de la route à Taouz, derrière le mur du fond il
y a le desert vers l'Algerie, interdit d'y aller.
Demi tour et c'est la remontée qui commence tranquillement. On passe par l'Atlas pour joindre la côte
mediteraneënne en passant par le Rif.
Les montagnes du haut Atlas sont impressionnant et à chaque tournant les paysages changent.
Nous arrivons la fin d'après-midi à Timahdite un village perdu à 1200 M sous une tempête de neige, la barrière
de neige se ferme derrière nous et à la sortie pareil on ne peux plus avancer ni faire demi-tour. On se gare et on se résigne à passer la nuit au bord de la route, après un apéro on commence à
préparer le repas du soir. On a toujours un oeil sur la barrière de neige où les gendarmes surveillent. La nuit commence à tomber mais la neige se calme et oh surprise on voit arrivé un
chasse-neige, il passe devant le camion, vite on range tous nos préparatifs du repas et voilà le chasse-neige qui repasse et un convoi se forme. Thierry reprend le volant et nous partons pour
33km sur une route plus au moins nettoyer par le chasse-neige, mais ça passe.

3 km avant d'arriver à Azrou un sanglier déboule devant le camion, Thierry donne un coup de volant et le touche
sur le flanc, ça a fait un grand choc, le sanglier disparait comme il est venu et on continue, on ne peut pas s'arrèter à cause du convoi. En arrivant à Azrou nous nous arrêtons pour constater
les dégats.........rien. C'est costaud ce camion. Nous avons trouvé une petit coin tranquille au fond d'un impasse pour dormir.
Le lendemain un soleil radieux nous reveille et on retourne à la forêt de cèdres, là où on a tapé le sanglier,
les singes sont au rendez-vous ainsi qu'une meute de chiens, mais ce petit monde vie en harmonie, et Thierry leur a donné le pain qui restait du petit dej.
Après ce petit intermède on reprend la route vers le Rif, une route de montagne superbe. Jusqu'à Ketama tout se
passe bien et on profite des paysages, mais à Ketama ça se corse, les vendeurs de kif nous poursuivent en voiture, nous dépassent , ils s'arrêtent, nous font signe, mais on continue en faisant
semblant de pas les voir à travers nos lunettes de soleil. Il nous reste 60 km à parcourir sur une toute petite route verte (sur la carte). Au début elle est très bien, mais assez vite elle se
transforme en parcours de nids de poule et trous inévitables, donc on prend le temps de bien regarder où on met les pneus.
Plus de 2 heures pour arriver enfin à la méditerrannée.
Nous sommes à 120 KM de Tanger-med d'où part le bateau, et c'est par une route en construction qu'il va
falloir y aller, c'est à dire une piste.
Tout le long de cette piste il y a des villages dans le fond de chaque crique, la piste passe en haut le long
de la corniche, on va faire ça à notre rhytme.
Le premier village on le laisse, mais la piste c'est fatiguant donc on s'arrête à Amtar, un tout petit village
qui a l'air de se réveiller d'un long sommeil. Nous nous installons au bord de la plage, c'est paisible et Thierry profite pour faire une sieste. Le soir après le repas on tape à la porte du
camion, 2 hommes nous réclament nos passports, on refuse, un quart d'heure après ils reviennent mais en uniforme et on leur montre nos passports, ils s'excusent pour le dérangement, mais ils sont
obligés de surveiller la côte et tout le long on va voir les surveillants de côte.
Le lendmain nous continuons notre route en construction, partout des engins, des camions et des personnes qui
travaillent un boulot gigantesque.


A gauche la piste brut et à droite avant le goudron, le milieu est barré par des cailloux.
On arrive à oued Laou, un village bien sympa,avec un camping qui vaut le détour. Il n'y a pas de douche chaude,
après inspection des lieu, il n'y a pas de douche froide non plus, les wc sont inutilisables, il y a de l'eau sur demande, mais il y a de l'électricité quel chance!!!!!!!! On n'en a pas
besoin.
Heureusement que le lieu est superbe, vue sous certains angles, mais ils font des travaux et dans quelques
années il y aura peut-être des douches chaudes.
On y reste 3 jours pour nous balader au bord de la mer, tout est très calme et les gens sont très agréables,
mais il faut rentrer, il fait froid en France et on va pas laisser Bernard trop longtemps tout seul avec tout ce qu'il y a à faire.
On prend la route pour Martil le village le plus près du Port. Le 3 fevrier on fait le plein de la voiture et
on se dirige vers le port, le bateau part vers 10H30 , le passage de douane se passe bien, et comme l'aller nous rentrons parmi les derniers, donc on sort parmis les premiers, bien
vu.
Au revoir le Maroc, la mer est un peu agité et j'ai le coeur serré, mais on reviendra.
A 14H30 ( on a perdu une heure, décalage horaire) on sort du port de Algesiras. Et s'est parti pour bouffer du
goudron pendant 3 jours: Almeria ensuite Benicarlo. Les 2 dernieres nuits dans le camion. Le lundi 6 fevrier nous arrivons à Narbonne et on jette l'éponge, c'est horrible, le vent nous fait
chavirer sur la route, c'est stressant, d'abord la tramontane à 130 KM/H et ensuite le mistral pareil, on se souviendra de ce retour.
Bref mardi 7 fevrier à 15H nous sommes de retour dans le froid, et la réalité.
Fin de vacances mais que de souvenirs.